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Acciones nacionales 8 mayo 2025 6 min de lecture

Proyecto de ley n.º 103: una fuente de preocupación para la oferta de cuidados, la prevención de sobredosis y la capacidad de salvar vidas

MONTRÉAL, 8 de mayo de 2025 – Médicos del Mundo Canadá, la Asociación de Interventores en Dependencia de Quebec (AIDQ), así como otros 26 organismos de una coalición que trabaja en reducción de riesgos y daños, expresan su preocupación respecto al proyecto de ley n.º 103 presentado el 6 de mayo por el ministro quebequense responsable de los Servicios Sociales, Lionel Carmant. Presentado como una herramienta de convivencia armoniosa, este proyecto de ley podría obstaculizar el acceso a los servicios esenciales para las personas que consumen drogas y/o se encuentran en situación de sinhogarismo. Su implementación podría conducir a un retroceso peligroso en los servicios de cuidados y apoyo en un contexto de crisis por sobredosis y sinhogarismo.

Proyecto de ley n.º 103: una fuente de preocupación para la oferta de cuidados, la prevención de sobredosis y la capacidad de salvar vidas

Le projet de loi no 103, qui vise à encadrer les services de consommation supervisée (SCS), introduit une procédure d’autorisation lourde, centralisée et discrétionnaire qui risque de limiter considérablement les services existants et l’ouverture de nouveaux centres. Cette démarche pourrait augmenter excessivement la charge administrative des organismes, déjà mobilisés en première ligne avec très peu de ressources pour prévenir les surdoses, offrir des soins et sauver des vies. De plus, le projet de loi ne prévoit aucune mesure d’accompagnement pour les organismes qui seraient contraints de se relocaliser en raison des nouvelles restrictions, ce qui pourrait fragiliser davantage la stabilité de services de santé sous forte pression.

<h1>Une crise de santé publique à multiples facettes</h1>

Soulignons que le Québec traverse une crise de santé publique sans précédent, marquée par une multiplication des surdoses mortelles, une augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance et une détresse croissante en santé mentale, auxquels s’ajoute une crise du logement qui prive de nombreuses personnes de conditions de vie dignes et stables. Au Québec, entre 2018 et 2022, le nombre de personnes en situation d’itinérance a bondi de 44 %. Au cours de la dernière année, le nombre de décès reliés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou autres drogues a augmenté de 33 %, soit une moyenne de 54 décès par mois.

En matière de politiques relatives aux drogues, le projet de loi no 103, tel que proposé, fait fi des orientations en santé publique que soutiennent les organisations onusiennes telles que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), en plus de celles soutenues par d’autres organisations internationales, dont la Commission globale de politique en matière de drogues (GCDP), l’association Harm

Reduction International (HRI) et la Coalition internationale sur les politiques des drogues (CIPD).

<h2>Les centres de consommation supervisée sont avant tout des services de santé, a souligné Pénélope Boudreault, directrice des opérations nationales et infirmière à Médecins du Monde Canada.</h2>

<h1>Le rôle essentiel des centres supervisés</h1>

« Les centres de consommation supervisée sont avant tout des services de santé, a souligné Pénélope Boudreault, directrice des opérations nationales et infirmière à Médecins du Monde Canada. Des professionnels s’occupent également de soigner des problèmes de santé physique ou mentale et offrent du soutien psychosocial, le tout dans un environnement encadré, sécuritaire et respectueux. Chaque jour, notre équipe en est témoin : de tels centres sauvent des vies, réduisent les risques et les méfaits, et créent des liens essentiels avec des personnes qui n’ont pas d’autre porte d’entrée vers le système de santé. »

« Ce projet de loi prétend instaurer une trajectoire de services cliniques en un continuum de soins, mais celle-ci n’existe pas, d’autant plus que le réseau est saturé et les références sont extrêmement difficiles, a déclaré Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec. Les services de consommation supervisée sont souvent le seul espace sécuritaire et accessible pour des personnes laissées en situation de vulnérabilité. »

En outre, ces services de santé contribuent à la sécurité publique en soutenant les personnes qui consomment, en réduisant la consommation visible dans l’espace public et en évitant des surdoses.

<h2>Ce projet de loi prétend instaurer une trajectoire de services cliniques en un continuum de soins, mais celle-ci n’existe pas, d’autant plus que le réseau est saturé et les références sont extrêmement difficiles, a déclaré Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec</h2>

<h1>Élargir les services, non les restreindre</h1>

Le projet de loi no 103 donne aussi au ministre le pouvoir, par simple règlement, d’imposer un processus d’autorisation aux lieux qui accueillent principalement des personnes en situation d’itinérance. Cela crée de l’incertitude juridique et économique pour les organismes qui travaillent avec ces populations. En raison du contexte d’urgence dans lequel le Québec se trouve en matière de santé publique, il est important de veiller à ce que le projet de loi no 103 n’ait pas pour effet de limiter l’accès à des ressources essentielles pour les personnes les plus précarisées, ce qui poserait un risque d’accentuation des inégalités sociales et des défis liés à la santé.

Plutôt que de restreindre des dispositifs qui sauvent des vies, il est urgent d’élargir l’offre de services de proximité et de soutenir les interventions qui répondent concrètement aux besoins des populations les plus précaires. Il est essentiel que ces personnes, déjà marginalisées, ne soient pas davantage exclues des services de santé, de soutien et d’accompagnement qui contribuent à améliorer leur vie et permettent une meilleure cohabitation et contribution sociale.

Les membres de la coalition analyseront en profondeur les dispositions du projet de loi afin de bien en comprendre les conséquences et les impacts sur les personnes visées. Elles entendent participer aux consultations particulières portant sur le projet de loi no 103 et appellent le ministre responsable des Services sociaux à leur étendre une invitation.

À propos de Médecins du Monde Canada et de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIQD)

Médecins du Monde Canada, les membres de l’AIDQ ainsi que leurs partenaires sont en première ligne de la réponse à la crise des surdoses et de l’itinérance. Ils interviennent directement auprès des personnes qui consomment des substances psychoactives en offrant des services de santé, de soutien psychosocial et d’accompagnement partout au Québec. Leur expertise repose sur des années de travail de terrain, de recherche, d’évaluation de programmes et de collaboration avec les milieux médicaux, communautaires, académiques et institutionnels, ainsi qu’auprès de personnes ayant un savoir expérientiel. Ce sont tous des acteurs incontournables pour évaluer l’impact réel des politiques sur les populations les plus précaires.

En savoir plus sur notre programme de réduction des méfaits

Contact médias :

Mélissa Cabana

Directrice des communications

Médecins du Monde Canada

melissa.cabana@medecinsdumonde.ca

514-799-8985

Elise Etienne (elle/she)

Agente aux communications – AIDQ

agcommunication@aidq.org

514 287-9625, poste 107

Liste complète des organisations signataires du communiqué :

  • L’Anonyme
  • Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
  • Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID)
  • Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ)
  • Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD)
  • Bureau régional d’Action sida Outaouais (BRAS Outaouais)
  • CACTUS Montréal
  • Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO)
  • Clinique interdisciplinaire en droit social de l’Outaouais (CIDSO)
  • Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)
  • Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO)
  • Coopérative de solidarité SABSA
  • Dopamine
  • Maison Benoît Labre
  • Médecins du Monde Canada
  • Oasis unité mobile d’intervention
  • PACT de rue
  • Point de Rue
  • Regroupement des Auberges du coeur du Québec
  • Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM)
  • Regroupement des organismes communautaires pour le travail de rue (ROCQTR)
  • Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)
  • Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec
  • Service de travail de rue de Chicoutimi
  • Sidalys
  • Spectre de rue
  • Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida (TOMS)
  • Tandem Mauricie
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