Agir en amont doit être la priorité
Entre 2014 et 2022, le recours à la garde en établissement a augmenté de 56%. En 2022, 12 605 requêtes ont été déposées à Montréal, soit une toutes les 41 minutes. Conçue comme une mesure exceptionnelle, la garde involontaire tend aujourd’hui à devenir une pratique courante, révélant surtout les difficultés d’accès aux services en santé mentale.
Le rapport de l’Institut québécois de réforme du droit et de la justice, commandé par le gouvernement en 2023, recommandais d’ailleurs de préserver le caractère exceptionnel de la loi actuelle et de prioriser des interventions préventives axées sur le dépistage et l’accès rapide aux soins. C’est dans ce sens que MdM Canada, offre des services de santé mentale de proximité directement dans les milieux fréquentés par les populations désaffiliées.
Des effets préoccupants pour les personnes les plus vulnérables
Nos équipes qui interviennent auprès des personnes en situations d’itinérance aux prises avec des enjeux de santé mentale en témoignent : les interventions policières et les expériences d’hospitalisations forcées sont souvent traumatisantes, et elles contribuent à aggraver les crises créant un climat de méfiance envers le système. La coercition fragilise les alliances thérapeutiques bienveillantes et décourage les personnes concernées de recourir aux services dont elles ont de besoin.
Cette dynamique touche de manière disproportionnée les personnes itinérantes qui seraient près de 65 fois plus à risque de subir une garde en établissement que l’ensemble de la population montréalaise.
Des alternatives efficaces existent
Des approches favorisant le consentement, comme celles mises en œuvre par MdM Canada, font leurs preuves et permettent d’obtenir de meilleurs résultats cliniques tout en évitant la judiciarisation des situations. Des services de proximité, pluridisciplinaires, adaptés et continus dans le temps, avant, pendant et après la crise, démontrent qu’il est possible de désamorcer de nombreuses situations sans recourir à l’hospitalisation involontaire et d’accompagner les personnes vers les services de manière volontaire.
Sans investissements structurants en prévention et en accès aux soins, élargir la contrainte risque surtout de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.
Enfin, Médecins du Monde analysera en profondeur les dispositions du projet de loi afin de bien en comprendre les conséquences et les impacts sur les droits, la sécurité et la santé mentale des personnes que nous accompagnons. Nous entendons participer aux consultations particulières portant sur le projet de loi no 23.
À propos de Médecins du Monde Canada
Médecins du Monde (MdM) Canada est une ONG médicale indépendante engagée depuis 30 ans à Montréal pour défendre le droit à la santé des personnes en situation de vulnérabilité. Par son approche fondée sur les droits humains et la réduction des inégalités, MdM travaille au Canada et à l’international à rendre les soins accessibles, inclusifs et équitables.
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Guillaume Bambina – Conseiller en communication et mobilisation
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