Médecins du Monde travaille en partenariat avec les acteurs nationaux et locaux et parvient à établir un pont entre les communautés et les institutions sanitaires pour renforcer l’accès aux soins.
de personnes ont besoin d’aide humanitaire
et les besoins sont complexes et urgents. (chiffre de 2026)
personnes étaient déplacées
cherchant refuge dans des sites d’accueil spontanés, entraînant une surpopulation de ceux-ci. (chiffre de 2024)
cas de viols ont été enregistrés
soit une augmentation de 49% par rapport à l'année précédente (chiffres enregistrés en 2023)
Haïti fait face à une spirale de violence continue qui s’ajoute aux multiples défis sanitaires, humanitaires et sécuritaires qui sévissent dans le pays. Plus de 5 600 personnes ont été tuées en 2024 en raison de la flambée de violence selon l’ONU, une hausse de plus de 1 000 personnes par rapport au nombre total de personnes tuées en 2023.
Le système public souffre d’un sous-financement chronique, d’une pénurie de ressources et d’un manque criant de personnel. Actuellement, seuls 37 % des établissements de santé de Port-au-Prince sont pleinement opérationnels et demeurent difficilement accessibles en raison de l’insécurité selon l’ONU. Et plus de 40 000 travailleurs de la santé ont fui le pays en raison de la violence selon le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). La plupart des établissements privés ont fermé et de nombreuses victimes n’ont pas les moyens d’accéder à leurs services. Le personnel, les patients et les institutions de santé sont pris pour cible, une situation condamnée fermement par Médecins du Monde. La réponse de la communauté internationale demeure insuffisante pour faire face à l’urgence de la situation et à l’effondrement du système de santé.
Face à ces besoins humanitaires croissants, Haïti a besoin d’un soutien accru de la communauté internationale et de ses partenaires. En 2023, seulement 38 % de l'aide nécessaire a été recueillie auprès des partenaires internationaux, ce qui est largement insuffisant à cette crise humanitaire multisectorielle. Haïti doit pouvoir compter sur cette aide pour sortir de la crise complexe et multidimensionnelle qu'elle traverse.

Photo : Presse Canadienne
L’instabilité a poussé des centaines de milliers de personnes à fuir leur quartier de résidence. En juin 2024, un total de 578 074 personnes étaient déplacées, cherchant refuge dans des sites d’accueil spontanés, entraînant une surpopulation de ceux-ci.
La crise actuelle aggrave les problèmes de santé sexuelle et reproductive, en particulier pour les femmes et les jeunes, et exacerbe des violences déjà présentes. Entre janvier et octobre 2023, 3 056 cas de viols ont été enregistrés, soit une augmentation de 49% par rapport à l’année précédente, principalement perpétrés par des hommes armés et des membres de gangs criminels (selon le sous-cluster VBG).
«Dans ces camps de fortune, les conditions hydriques, hygiéniques et d'assainissement sont médiocres. Il y a une véritable crainte de flambées épidémiques en ces lieux. Sans compter la promiscuité qui augmente le risque de violences basées sur le genre.»
- Chef de mission de MdM Canada
Les crises actuelles et passées en Haïti sont des sources majeures de stress, pouvant mener à des symptômes de stress post-traumatique et des crises de panique. Vivre de telles situations anormales affecte profondément les gens, que ce soit à Port-au-Prince ou dans les villes de province.

Photo prise dans le cadre d'une activité de santé mentale
Présent en Haïti depuis 1996, Médecins du Monde travaille en partenariat avec les acteurs nationaux et locaux et parvient à établir un pont entre les communautés et les institutions sanitaires pour renforcer l’accès aux soins. Cette implication permet d’appuyer le système de santé dans la prise en charge des femmes enceintes et des enfants malnutris, dans la prise en charge des problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive des femmes et dans l’amélioration de la santé mentale.
En 2025, les besoins humanitaires et psychosociaux y atteignaient des niveaux sans précédent, alors même que l’environnement opérationnel et financier se complexifie. Les dynamiques sociosécuritaires particulièrement instables, combinées à un paysage de financement de plus en plus sombre, accentuent les vulnérabilités des populations et mettent à l’épreuve la continuité des interventions essentielles.