UNE SITUATION QUI CONTINUE D’ALARMER
Le conflit en Colombie, qui dure depuis des décennies, ne fait pas exception. 52 ans de conflit armé pour 220 000 décès, 40 000 personnes disparues et 6 millions de déplacées. Bien qu’il soit particulièrement violent pour la population entière, aussi bien les personnes résidentes que les migrantes, les femmes représentent la majorité des victimes.
Même si la situation montre une nette amélioration depuis l’accord de paix de 2016 entre le gouvernement colombien et les FARC, la violence persiste. Au moins cinq autres groupes armés (ELN, EPL, Dissidences des FARC, Clan del Golfo, Autodefensas Gaitanistas de Colombia) continuent de provoquer la terreur et la mort parmi la population civile.
L’épidémie de la Covid-19 et la migration des populations vénézuéliennes n’ont fait qu’amplifier ces difficultés, en particulier dans les zones reculées où l’accès humanitaire reste encore un défi.

De nombreuses situations de violences basées sur le genre sont reportées, exacerbant la précarité des conditions de vie. « Le
seul fait d’être une femme est pour beaucoup de groupes une raison de
l’enlever, de la vendre ou de la déplacer d’un endroit à un autre. » – Maria, leader communautaire et travailleuse du sexe.
Le réseau Médecins du Monde a d’ailleurs lancé un appel demandant des actions concrètes
pour soutenir les 7 millions de personnes réfugiées et migrantes
originaires du Venezuela dont une part importante se trouve en Colombie.
METTRE UN TERME AUX VIOLENCES LIÉES AU GENRE
Médecins du Monde met l’accent sur la protection des victimes de violences sexuelles
en constituant des groupes d’autosupport, et en garantissant une prise en charge globale et respectueuse dans les établissements sanitaires du Meta, du Guaviare, du Nariño, du Cauca, de la vallée du Cauca et du Chocó.
Les projets comprennent des ateliers destinés aux communautés, aux institutions de soins de santé et aux dirigeants communautaires sur des questions comme la violence domestique, la violence fondée sur le genre, la violence sexuelle pour accompagner les victimes et leurs familles.
« Nous souhaitons renforcer la femme dans ses droits, dans tout ce à quoi elle peut prétendre accéder et recevoir. » – Marcela Katherine Pastás Chiran, infirmière à Médecins du Monde.

Les activités ont pour objectif d’offrir un accompagnement médical, des soins infirmiers et un soutien psychosocial pour assurer le droit à la santé pour ces populations.
« Ce que nous cherchons à accomplir, c’est documenter et reporter ces situations à l’État qui a la responsabilité d’assurer une protection en santé pour l’ensemble de la population. Il ne s’agit pas de remplacer le système de santé, nous voulons permettre une prise de conscience et une réaction au sein des institutions du pays ». – Jaime Alberto Hernandez, coordinateur de terrain à Médecins du Monde