« Nous asseoir avec le monde, ça nous rend familiers et fiables. »
De la présence et de la confiance : le soin avant le soin
« Pour finir par parler de soin avec la personne, il faut d’abord parler du reste et être présent dans d’autres moments de sa vie. » : c’est ce que confie Mathieu, navigateur autochtone. Ça n’a pas été une surprise, donc, quand il a ajouté que son outil d’intervention préféré était l’humour. Son regard pétille quand il complète sa pensée : « le rire, c’est aussi un soin. » Farin, pair aidant en réduction des méfaits, ne le contredit pas : « nous asseoir avec le monde, ça nous rend familiers et fiables ». Farin intervient dans la clinique mobile de Médecins du Monde en binôme avec Andréanne, infirmière. Leur duo place la confiance au cœur de leur pratique, ce qui inclut de « se soucier de l’entourage de la personne » nous dit Andréanne. « Quand Farin parle avec des ami.e.s de la personne qu’il accompagne, il va toujours demander : et toi, comment toi tu vas? comment tu vis tout ce qu’il se passe ? ».
Prendre soin de la communauté : le soin indirect
L’entourage reste un relai encore trop souvent négligé dans l’approche moderne de la santé : « le soin, c’est pas juste apporter une solution à un problème, c’est prendre en compte tout ce qu’il y a autour » explique Mathieu. Il résume : « une personne en santé, c’est une communauté en santé ».
« Un toit, de la nourriture, la défense des droits… : ce soutien là aussi fait partie du soin. »
Travailler en communauté: le soin comme pratique collaborative
Au fil des entrevues, on comprend vite que « la communauté » renvoie aussi à tou.te.s les professionnel.le.s de santé avec qui Farin, Mathieu, Andréanne et les autres collaborent. À l’hôpital par exemple, ce sont « les docteurs et infirmières que nous éduquons sur la réalité de la personne, sa perception des institutions » décrit Farin. Juliette, qui supervise l’équipe de proximité de Médecins du Monde, étend les liens qui tissent cette communauté jusqu’aux intervenant.e.s qui travaillent sur un volet « plus social : un toit, de la nourriture, la défense des droits… : ce soutien là aussi fait partie du soin ».
Et si le soin, c’était d’abord et avant tout un lien ? Un lien de confiance qui se noue autour du rire, de l’écoute, du temps passé ensemble, d’une collaboration bienveillante… Un lien qui permet de faire tomber les barrières, pour parvenir à soigner sans juger.