Réponse médicale d’urgence à Ebola pour les populations vulnérables affectées par les crises humanitaires dans la Province du Tanganyika, République démocratique du Congo.
de personnes ont besoin d’aide humanitaire.
de déplacé·e·s internes.
de personnes nécessitent une assistance sanitaire vitale
dont 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans
La République démocratique du Congo (RDC) connaît l’une des crises humanitaires les plus complexes et longues au monde. Cette crise prend différentes formes et les besoins humanitaires sont criants. Mouvements de population, insécurité alimentaire, épidémies et problématiques sécuritaires sont les éléments les plus préoccupants.
Déjà en proie à des conflits armés et à une crise humanitaire, le Nord-Est de la République démocratique du Congo fait désormais face à une épidémie d’Ebola, la 17e dans le pays depuis la découverte du virus en 1976. Médecins du Monde a immédiatement renforcé la protection de ses équipes et des personnes soignées dans les centres de santé appuyées.
En RDC, l’insécurité alimentaire critique touche plus de 26,6 millions de personnes, dont 3,9 millions en situation d’urgence alimentaire.
Les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement vulnérables. On estime qu’en 2026, 5,2 millions d’entre eux souffriront de malnutrition aiguë, dont 1,7 million sous forme sévère. La malnutrition chronique, aggravée par l’insécurité alimentaire et l’accès limité aux soins, touche près d’un enfant sur deux dans certaines zones du pays.
En RDC, le système de santé demeure extrêmement fragile et soumis à de fortes contraintes structurelles. Selon une évaluation menée en septembre 2025 par le Comité international de la Croix-Rouge, 85 % des structures connaissent des ruptures de stocks de médicaments et près de 40 % ont subi une fuite du personnel de santé. Ces dysfonctionnements entravent l’accès aux soins des populations vulnérables notamment en matière de soins primaires et d’urgence.
La RDC est confrontée à des épidémies régulières, favorisées par la fragilité du système de santé, les déplacements de populations, l’accès limité à l’eau potable et les catastrophes naturelles comme les inondations.
Le choléra reste l’une des principales menaces sanitaires : plus de 71 900 cas suspects et 2 044 décès ont été enregistrés en 2025, soit une hausse d’environ 125 % par rapport à 2024. 23 provinces sont touchées, notamment dans l’Est du pays, où les déplacements de population et l’accès limité à l’eau potable favorisent la propagation. La rougeole continue également de sévir avec plus de 87 000 cas et environ 1 230 décès en 2025, malgré les campagnes de vaccination, dont la couverture reste insuffisante dans plusieurs zones. Par ailleurs, les épidémies de Mpox ont touché 25 provinces en 2025 avec plus de 93 000 cas suspects et 21 000 cas confirmés, faisant de la RDC le pays le plus touché au monde par cette infection virale.
En 2026, 5,2 millions de personnes sont exposées à des risques de violences basées sur le genre en RDC. 37 % des femmes de 15 à 49 ans déclarent avoir subi des violences physiques et 15 % des violences sexuelles. Dans 82 % des cas, les auteurs des violences sont les maris ou conjoints. Moins de 1 % des survivantes déposent plainte, illustrant l’ampleur des barrières sociales, institutionnelles et judiciaires.
Au-delà des violences physiques ou sexuelles, les violences du quotidien touchent largement les femmes et filles qui, confrontées aux inégalités de genre, aux barrières socio-économiques et aux stéréotypes ancrés dans la société, ont peu accès à l’éducation, à l’information et à des services de santé adaptés à leurs besoins. On estime ainsi que près de 80 % des femmes mariées ou en union n’utilisent aucun moyen de contraception. Les barrières sont notamment liées aux normes sociales, aux risques de stigmatisation ou encore à la faible disponibilité des stocks.

Femmes et leurs enfants participant à un atelier de nutrition au camp de Kilwa, l’un des quatre camps de personnes déplacées situés dans la municipalité de Kabeya May
Médecins du Monde, en collaboration avec les partenaires locaux, améliore l’accès à des soins de santé primaires de qualité, aux services de santé sexuelle et reproductive, à la prise en charge des violences basées sur le genre ainsi qu’aux services de nutrition. Les interventions s’appuient à la fois sur le renforcement des structures de santé, l’approvisionnement en médicaments essentiels, la formation du personnel de santé, le soutien psychosocial et la mobilisation communautaire.
Médecins du Monde déploie des réponses rapides lors de déplacements de population, d’épidémies ou de catastrophes naturelles afin d’offrir des soins de proximité aux communautés affectées. En parallèle, les relais communautaires, les réseaux de femmes et les leaders locaux jouent un rôle clé dans la sensibilisation, la prévention, le dépistage de la malnutrition et l’orientation des personnes vers les services de santé.
Malgré la crise persistante, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux services, les communautés du Tanganyika ont bénéficié grâce aux efforts mise en œuvre par le projet d’un meilleur accès à des soins de santé gratuits. L’approvisionnement en médicaments essentiels, le renforcement des capacités du personnel soignant et la mise en place d’un système de référencement des urgences vitales ont permis de soutenir la continuité des soins dans les structures de santé appuyées, y compris dans les zones accueillant des populations déplacées.
Médecins du Monde renforce l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la prise en charge des violences basées sur le genre. Les activités mises en œuvre ont permis de renforcer les compétences des prestataires de santé, d’améliorer la disponibilité des services et de soutenir les mécanismes de référencement vers les structures de prise en charge. Les activités de sensibilisation communautaire ont également contribué à mieux faire connaître les services disponibles auprès des populations déplacées et hôtes.

Photo : Alexis Aubin - Médecins du Monde