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Colombie

Projet de santé et de protection visant à sauver des vies pour les migrant.e.s et les communautés d'accueil dans la région du Darién

Colombie
9M

de personnes ont besoin d’aide humanitaire.

5M

de personnes déplacées internes.

1,6M

de personnes touchées par la violence et le conflit armé.

LA SITUATION HUMANITAIRE EN COLOMBIE

En Colombie, après des décennies de conflit entre l’État et les différents groupes armés et malgré la signature des accords de paix en 2016, des conflits internes perdurent. Les droits des populations civiles, notamment en zone rurale, sont toujours menacés et bafoués par différents groupes armés. Ces dernières années, les catastrophes naturelles et climatiques et les flux migratoires mixtes n’ont fait qu’amplifier ces difficultés, en particulier dans les zones géographiques reculées où l’État est peu voire pas présent et où l’accès humanitaire reste encore un défi.

DES CONFLITS AUX TROP NOMBREUSES VICTIMES

En 2025, la situation humanitaire en Colombie s’est fortement aggravée. Les affrontements entre groupes armés se sont intensifiés dans les départements de Cauca, Nariño, Chocó, Valle del Cauca et le Catatumbo. Les violences contre les civils ont augmenté : au moins 85 550 personnes ont été affectées par des menaces, disparitions et violences ciblées entre janvier et août 2025.  

Par ailleurs, les déplacements forcés sont en hausse. Les confinements, l’usage de mines antipersonnel et d’explosifs et les attaques contre des infrastructures civiles atteignent des niveaux préoccupants, faisant de 2025 l’une des années les plus critiques de la dernière décennie. 

À ce panorama s’ajoute la réduction de l’espace humanitaire, due à la fois aux restrictions imposées par des groupes armés illégaux et à la baisse des financements de la coopération internationale. 

LA PRÉCARITÉ DES POPULATIONS RECULÉES

Même si plus de 95 % de la population est affiliée au système de santé de la sécurité sociale colombienne, les services de santé sont souvent inaccessibles en raison de conditions géographiques complexes, du manque d’infrastructures adéquates, de la pénurie de personnel de santé et de la présence de groupes armés dans les territoires.  

Ainsi, dans les zones rurales isolées des départements de Putumayo, Amazonas, Nariño, du Cauca, du Valle del Cauca et du Chocó, le premier centre de santé est parfois à plusieurs heures de marche ou de pirogue. 

En mars 2025, le gouvernement colombien a adopté un plan national de santé rurale, reconnaissant de manière officielle les fortes inégalités d’accès à la santé dans les zones rurales et reculées. Intégrant une approche interculturelle, ce plan vise à réduire ces inégalités territoriales et tant sa mise en œuvre que sa continuité représentent un enjeu majeur à l’approche des élections présidentielles en 2026. 

LES FEMMES ET MINORITÉS SEXUELLES, PREMIÈRES VICTIMES DU CONFLIT

Selon l’organisation colombienne Codhes (Comité pour les droits humains et les déplacements), 97 % des cas de violences sexuelles dans le contexte des conflits armés et des déplacements forcés restent impunis. Les acteurs armés utilisent la violence sexuelle pour intimider la population et les membres d’autres groupes avec lesquels ils sont en conflit, et déposer une plainte formelle dans ce contexte est souvent très difficile. Les femmes et les jeunes filles, notamment afrodescendantes et indigènes, sont les premières victimes. 

Par ailleurs, l’absence de reconnaissance et de protection juridique des droits des personnes LGBTIQ+ peut constituer un obstacle à l’expression ouverte et libre de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle, ce qui rend plus difficile une réponse adéquate à leurs besoins en matière de santé. 

CRISE MIGRATOIRE VÉNÉZUÉLIENNE

La Colombie demeure en 2025 le premier pays d’accueil de la population migrante vénézuélienne, avec plus de 1,9 millions de Vénézuéliens disposant d’un permis de protection temporaire, mais leurs besoins de protection et d’accès à la santé sont entravés par la précarisation du système colombien. 

Le durcissement des politiques migratoires dans la région a profondément transformé les dynamiques en place. Alors que plus de 400 000 personnes avaient traversé la frontière nord vers le Panama via le Darién en 2024, les flux se sont presque arrêtés en 2025, donnant lieu à un phénomène de migration inverse du nord vers le sud et à des changements constants de routes, parfois encore plus dangereuses. 

La fermeture des frontières du Panama en juillet 2024 et le retrait des organisations internationales à Bajo Chiquito ont encore compliqué la situation. On estime qu’en milieu d’année 2025, seulement 13 200 personnes ont traversé le pays, soit une baisse de 94 % par rapport à 2024. 

Photo : Médecins du Monde - Camps de Las Tecas

Photo : Médecins du Monde - Camps de Las Tecas

Médecins du Monde soigne les personnes migrantes et les communautés d’accueil dans la région du Darién

Les équipes de Médecins du Monde ont rapidement adapté leur intervention pour suivre l’évolution des routes migratoires, notamment le long de la côte Atlantique où transitent désormais un nombre croissant de personnes en exode inversé.

Deux points de soins permanents ont été établis à Capurganá : un premier au débarcadère, où l’équipe assure des soins de santé primaires — incluant santé sexuelle et reproductive et soutien psychosocial — en coordination avec les autorités sanitaires colombiennes ; un second dans un abri où les migrants passent la nuit avant de poursuivre leur route vers Necoclí ou Turbo.

À cela s’ajoutent des cliniques mobiles déployées dans les zones les plus difficiles d’accès d’Acandí et de Capurganá, qui offrent des soins de santé primaires, des services de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’un accompagnement en santé mentale — autant pour les personnes migrantes que pour les communautés d’accueil. Cette approche permet d’élargir la couverture sanitaire, de prévenir les éclosions de maladies et de rejoindre une population autrement laissée pour compte par les services de santé institutionnels.

Cette réponse s’inscrit aussi dans une logique de complémentarité : pendant que d’autres organisations internationales se concentrent sur la protection, Médecins du Monde priorise les soins de santé primaires et la prévention, assurant ainsi une couverture complète des besoins tout au long du parcours migratoire.

« Cette expérience montre comment, dans un contexte humanitaire, un espace de parole et une écoute attentive peuvent devenir un point de bascule.»

— Lesly Abuchar et Andrea Aguilar, membres de l'équipe de Médecins du Monde

NOS ZONES D’INTERVENTION

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Région du Darién
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Nos partenaires sur le terrain

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Autorités sanitaires colombiennes
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