Ottawa, le 2 mai 2024 – Des organisations humanitaires et de défense des droits humains se rassembleront sur la colline du Parlement le 2 mai 2024 dans le cadre d’une action médiatique puissante visant à demander au Canada qu’il cesse d’envoyer des armes à Israël.
Le 2 mai marque une « Journée mondiale d’action », où des militants du monde entier appelleront les dirigeants politiques à mettre fin de toute urgence aux transferts d’armes vers Israël et ce, alors que sévit une crise humanitaire catastrophique à Gaza. Cette journée d’action vise à mobiliser la solidarité mondiale et à exiger des comptes aux gouvernements qui, comme le Canada, sont directement impliqués dans le commerce des armes avec Israël.
Le 18 mars, la Chambre des communes a adopté une motion appelant le Canada à cesser les transferts d’armes vers Israël dans le contexte du conflit actuel à Gaza. La motion demande explicitement au gouvernement de cesser les autorisations d’exportation futures ainsi que les transferts déjà approuvés, ces deux actions présentant un risque important de contribuer à de graves violations des droits humains. Le Canada doit respecter son engagement pris dans le cadre de cette motion et mettre fin à tous les transferts d’armes vers Israël.
Le gouvernement canadien n’a pas encore répondu aux préoccupations selon lesquelles la mise en œuvre de cette politique ne se limiterait qu’à suspendre l’approbation des futurs permis d’exportation d’armes vers Israël, sans toucher aux centaines de transferts d’armes déjà approuvés – y compris ceux représentant près de 30 millions de dollars approuvés au cours des deux premiers mois du conflit. De plus, il n’y a aucune indication que la politique annoncée abordera les transferts de pièces et de composantes à usage militaire vers Israël via les États-Unis, y compris les composantes fabriquées au Canada qui sont incorporées dans les jets F-35 Joint Strike Fighter, utilisés par Israël dans le cadre des bombardements à Gaza.
Les organisations appellent à une cessation complète des transferts d’armes, y compris l’annulation de tous les permis existants déjà accordés et le transit des pièces et composantes vers Israël via les États-Unis. La fin totale des transferts d’armes aux parties au conflit est une étape nécessaire pour créer les conditions d’un cessez-le-feu. Seul un cessez-le-feu durable pourra prévenir de nouvelles pertes civiles et garantir que l’aide requise parvienne aux personnes dans le besoin.
Plus de 200 jours de siège complet et de bombardements aveugles ont privé la population civile des éléments essentiels à sa survie et ont rendu Gaza presque inhabitable. Plus de 75 000 tonnes d’explosifs ont été utilisées pour transformer les infrastructures civiles de Gaza en ruines, détruisant 70 % des hôpitaux et causant des dommages incommensurables aux habitations civiles. Au total, Israël a systématiquement éliminé tous les déterminants sociaux de la santé à Gaza, causant plus de 34 409 morts, dont 72 % sont des femmes et des enfants, et plus de 75 092 blessés.
L’attaque terrestre imminente d’Israël sur la ville de Rafah laissera près d’un million de civils, déjà confrontés à des circonstances désespérées et à un accès limité aux biens essentiels, sans aucun endroit où aller et les poussera, comme celles et ceux restés dans le nord, au bord de la famine. Cette catastrophe doit être évitée. Il est impératif que nos dirigeants politiques agissent immédiatement.
CITATIONS
«Depuis octobre, le Canada n’a cessé de demander aux parties de respecter les principes de droit international humanitaire. Pourtant, même face à l’intensité de la violence indiscriminée et systématique à laquelle sont confrontés les civils et le personnel humanitaire, même face à un risque de génocide, le Canada n’a pas mis fin à son soutien moral, militaire et matériel à l’offensive israélienne. Des équipements militaires sont encore exportés vers Israël, et aucune sanction économique ou diplomatique n’a été appliquée. Les États tiers à un conflit, comme le Canada, ont l’obligation de faire tout ce qui est raisonnablement en leur pouvoir pour s’assurer que le droit international humanitaire soit respecté.»
– Béatrice Vaugrante, Directrice générale, Oxfam-Québec
« Amnistie Internationale, des experts des Nations Unies et d’autres groupes de défense des droits humains sont unanimes : les pays qui continuent de transférer des armes à Israël risquent d’être complices de crimes de guerre contre les civils à Gaza. Le Canada a des obligations claires en vertu du Traité sur le commerce des armes et doit empêcher que son matériel militaire et sa technologie ne soient utilisés par des parties qui bafouent le droit international humanitaire et les droits humains. Nous exhortons le Canada à mettre immédiatement en œuvre un embargo complet sur les armes contre Israël et les groupes armés combattant à Gaza. »
– Ketty Nivyabandi, Secrétaire Générale, Section Canadienne d’Amnesty International (anglophone)
« Il est urgent d’agir, alors qu’Israël signale qu’une invasion terrestre à Rafah est imminente, ce qui serait préjudiciable pour les 1,4 million de Palestiniens déplacés qui luttent pour leur survie. L’obligation du Canada est claire en vertu du Traité sur le commerce des armes : nous ne pouvons pas continuer à armer Israël dès lors que ces armes sont clairement utilisées pour commettre des crimes de guerre. Le Canada souhaite voir un cessez-le-feu, et annuler tous les transferts d’armes est une étape nécessaire pour y parvenir. »
– Lauren Ravon, Directrice générale, Oxfam Canada
« Gaza est l’endroit le plus dangereux sur Terre pour les civils, mais aussi pour les soignants et les travailleurs humanitaires. La famine y rode, la mort est quotidienne. Soigner dans ce contexte de violence quotidienne signifie d’accepter que la souffrance physique et psychologique de trop de personnes ne peut être soulagée. Le Canada, à l’instar de la Communauté internationale, doit cesser le soutien à cette violation du droit international humanitaire. Cela se traduit, entre autres, par une cessation de tous les transferts d’équipement militaire vers Israël. »
– Nadja Pollaert, Directrice générale, Médecins du Monde Canada
« À ce jour, le Canada continue d’armer Israël avec les transferts d’armes autorisés avant le 8 janvier 2024. Malgré des décennies de colonies illégales, de violences extrémistes de colons, du siège et du blocus illégaux de Gaza, ainsi que de nombreux autres crimes de guerre, le Canada a continué d’armer l’occupation et le système d’apartheid israélien. Notre système de contrôle des exportations est défaillant et rien n’illustre mieux ce problème que nos transferts d’armes continus vers Israël. Nous demandons au gouvernement de respecter la volonté démocratique du Parlement et d’imposer un embargo complet et immédiat sur les armes contre Israël. Les transferts d’armes doivent cesser. »
– Alex Paterson, Directeur Principal, Affaires Parlementaires – CJPMO
« Ce que nous voyons à Gaza est l’une des campagnes militaires les plus meurtrières et destructrices de l’histoire récente. Parmi d’autres réponses urgentes nécessaires, le gouvernement canadien devrait mettre fin à toutes les exportations militaires directes du Canada vers Israël, et prendre des mesures pour s’assurer que les entreprises canadiennes ne fournissent pas de pièces pour de l’équipement militaire destiné à Israël. Ce n’est pas suffisant, pour le Canada, de simplement accepter des motions et résolutions non contraignantes. Ce qui est nécessaire, ce sont des actions immédiates, fortes et décisives. »
– Georgina Alonso, porte-parole d’Above Ground (un projet de MakeWay)
« Nous avons maintenant assisté à plus de 200 jours de violence continue, de décès innombrables, de violations du droit et d’abus des droits humains contre les Palestiniens à Gaza. Plus de 2 millions de personnes sont déplacées et vivent dans des conditions terribles, et plus d’un demi-million de personnes font face à une famine imminente. Trop de vies ont été perdues et continuent de l’être alors que nous regardons ces horreurs se dérouler en direct. Le gouvernement canadien a l’obligation d’agir pour garantir que le droit international humanitaire soit respecté. Le Canada doit garantir une suspension immédiate de tous les permis d’exportation d’armes et des armes vers Israël. »
– Mashaal Saeed, Responsable Média et Campagnes, Islamic Relief Canada
« Les transferts d’armes continus du gouvernement canadien vers Israël ne résultent pas seulement en une violence indiscriminée contre des civils innocents, y compris des femmes et des enfants, en un déplacement massif et une famine sévère, ils compromettent également les efforts humanitaires dirigés par des organismes de bienfaisance canadiens financés par des donateurs canadiens. Ces armes ont été utilisées pour cibler et détruire des programmes humanitaires cruciaux. Le gouvernement du Canada doit urgemment respecter le droit international humanitaire et cesser le transfert de toute arme vers Israël, qu’elle ait été approuvée après le 7 octobre ou avant. »
– Mahmuda Khan, Directeur Général, Human Concern International
« Les entreprises canadiennes produisent et exportent des pièces vitales pour les avions de chasse, les navires de guerre, les drones et les hélicoptères d’attaque qui déciment Gaza en ce moment. En continuant à armer les forces israéliennes, le Canada est directement complice et profite du massacre de plus de 14 000 enfants palestiniens. Le gouvernement canadien doit agir de manière décisive pour sauver des vies palestiniennes et cela commence par mettre fin au commerce des armes entre le Canada et Israël. En fait, mettre fin au flux d’armes vers Israël est le strict minimum que le Canada devrait faire dès maintenant. Le fait de ne pas prendre cette mesure rend ridicule l’engagement déclaré du gouvernement à mettre fin à la violence à Gaza. »
– Rachel Small, Organisatrice au Canada, World BEYOND War
« Sept mois se sont écoulés et d’innombrables manifestations, pétitions et lettres ont exprimé la demande des Canadiens et Canadiennes à mettre fin à ce génocide. Pourtant, le gouvernement canadien continue de permettre honteusement le commerce bilatéral des armes avec Israël et ce, malgré les crimes de guerre évidents et les violations du droit international humanitaire. Il s’agit d’une situation qui n’aurait jamais dû être autorisée dès le départ, mais à laquelle il est plus que temps de mettre fin pour que cesse la complicité du Canada dans ces crimes. »
– Ammar Yaser, Président, Association des Canadiens Arabes Palestiniens
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