Chaque jeudi, on peut sentir l’effervescence dans la salle d’attente de la Clinique de Médecins du Monde. À l’accueil, les bénévoles du triage vérifient l’admissibilité de chaque personne. On entend des conversations dans plusieurs langues, on observe des femmes de tous âges et aux prises avec toutes sortes de situations.
Toutes ces femmes vivent ici, mais leur statut d’immigration précaire ne leur donne aucun accès à une couverture de santé.
Sauf que tout au long de leur vie, les femmes ont besoin de services de santé spécifiquement liés à leur condition de femme.
Je m’appelle Caroline et je suis travailleuse sociale à Médecins du Monde. Certaines femmes que je rencontre doivent parfois se priver des suivis et de soins pourtant nécessaires en raison de leur situation socioéconomique ou psychosociale, ce qui a une incidence directe sur leur santé.
Mon travail consiste à évaluer leurs besoins et leur parcours migratoire ainsi que la possibilité de régulariser leur situation ou d’accéder à une couverture médicale. Je les réfère également à des organismes communautaires qui pourront répondre à leurs besoins. Avec mes collègues infirmières, travailleuses de proximité et pairs migrants, j’accompagne chaque femme selon la décision qu’elle choisit de prendre pour son corps, sa santé et sa fertilité.

La Clinique de Médecins du Monde est souvent leur seul recours : elles n’ont pas les moyens de souscrire une assurance privée ni de payer les frais médicaux facturés à hauteur de plusieurs centaines ou milliers de dollars avant même de recevoir les services nécessaires – d’autant plus qu’elles se voient imposer une surcharge de 200 % par les établissements québécois du réseau public et par la plupart des médecins.
Pour elles, payer directement les frais médicaux est synonyme de non-accès.
Tous les ans, ce sont près de 300 femmes migrantes qui se présentent à notre Clinique, mais les besoins sont grandissants et nos moyens limités.
Chaque semaine, grâce à vos dons, des ressources sont exclusivement dédiées aux femmes. Nous accompagnons les femmes afin d’assurer leur santé sexuelle et reproductive globale.
Dans leur parcours de vie unique, ces femmes font preuve d’une force incroyable pour avancer dans un système qui les exclut même si souvent elles vivent ici depuis plusieurs années.
En attendant d’arriver à changer la loi pour accorder à ces femmes le droit à la santé, mes collègues et moi-même avons besoin de votre générosité pour nous permettre de les soigner et de les accompagner.
Merci pour votre solidarité !
Consulter le rapport : Statut d’immigration précaire, santé précaire